Walid Raad (avec Pierre Huyghebaert)
I thought I’d escape my fate (again) [J’ai cru échapper à mon destin (à nouveau)], aborde la notion polysémique du « refus » tant au sens large qu’à travers des expériences spécifiques. L’installation est le fruit d’une collaboration avec le graphiste Pierre Huyghebaert, qui enseigne à l’école d’art La Cambre à Bruxelles et dirige le studio Speculoos. Sa pratique consiste principalement à utiliser des logiciels libres pour repenser les processus collaboratifs dans les domaines de la cartographie, de la conception typographique, des interfaces web, de l’illustration schématique et de la conception de livres. Le projet rassemble les déclarations de personnes ayant annulé des expositions artistiques, des conférences et des concerts liés à la Palestine, ainsi que les témoignages de celles et ceux dont les événements ont été annulés. Les citations superposées et floues, en anglais, français, arabe et allemand, créent un effet abstrait, tridimensionnel, presque illisible. Ce flou intentionnel sert de métacommentaire sur le refus lui-même, tout en soulignant l’utilisation institutionnelle du texte comme mécanisme de pouvoir et de contrôle. I thought I’d escape my fate (again) invite les spectateur·rices à réfléchir au refus à la fois comme un acte visible de dissidence et comme une forme subtile de répression au sein des institutions culturelles.